Saison 2, épisode 03 : Dre Mylène Marchand

January 19, 2026 00:24:34
Saison 2, épisode 03 : Dre Mylène Marchand
La chirurgie au féminin
Saison 2, épisode 03 : Dre Mylène Marchand

Jan 19 2026 | 00:24:34

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Show Notes

Dans cet épisode, découvrez : Dre Mylène Marchand, chirurgienne générale, avec qui on discute du quotidien en chirurgie et des défis qui peuvent accompagnés cette pratique. 

 

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Episode Transcript

[00:00:02] Speaker A: Bonjour et bienvenue au podcast La chirurgie au féminin. Aujourd'hui, nous recevons Dr. Mylène Marchand, chirurgienne générale spécialisée en traumatologie. Nous avons très hâte de découvrir son quotidien en tant que femme chirurgienne, ce qui la passionne de cette sur-spécialité et les défis auxquels elle fait face à travers son quotidien. Des histoires de détermination et d'excellence. Passons le micro aux femmes chirurgiennes. [00:00:24] Speaker B: Bonjour Dr Marchand. On est super contentes de vous recevoir aujourd'hui au balado. Pour commencer, on aimerait ça un peu que vous nous parliez de votre parcours. Qu'est-ce qui vous a amené vers la chirurgie générale? [00:00:36] Speaker C: Merci pour l'invitation. Le parcours, long parcours, c'est pas si pire que ça. Moi, je viens de la région, je viens du Nouveau-Brunswick. On est la dernière année qu'on a fait notre médecine à Sherbrooke avant que la faculté ouvre à Moncton. Il y a beaucoup de gens de ma promo qui sont restés dans la région après. Toute ma famille est encore au Nouveau-Brunswick. Puis moi, j'étais une fille qui avait quand même assez de drive. Je visais l'urgence. Quand j'ai fait ma médecine, je pensais finir à l'urgence. Puis c'est vraiment dans l'externe qui m'a fait découvrir le monde de la chirurgie que je ne connaissais pas du tout. J'ai adoré le rythme auquel ça allait. On nous dit souvent dans nos stages que tu es soit médicus, soit chirurgicus. Moi, j'étais clairement chirurgicus. J'aimais le côté technique. J'aimais surtout le rythme auquel ça allait. Descendre en bas, faire une consulte, monter, faire le cas. C'est vraiment pour ça que j'ai appliqué en chirurgie générale. Les autres spécialités ne m'intéressaient pas vraiment. Ça ne m'intéressait pas les os, l'ORL, le nez, les oreilles. Ce n'était pas quelque chose qui m'intéressait. Mais la bédame, par exemple, j'aimais ça. Mais encore à l'externe, je n'étais pas 100 convaincue. J'ai quand même appliqué dans d'autres spécialités, mais c'est vraiment quand j'ai fait mes entrevues, pourquoi la chirurgie, je suis capable de sortir 10 raisons pourquoi je voulais faire la chirurgie. C'est un peu pour ça que mon choix s'est éclairci durant mes entrevues de CARM. [00:02:16] Speaker B: – C'était plus naturel de trouver des raisons pourquoi aimer la. [00:02:20] Speaker C: Chirurgie. – Absolument. Vraiment plus facile. C'est comme ça que je suis arrivée en chirurgie générale. J'ai fait tout mon cours à Sherbrooke, ma résidence à Sherbrooke, puis par la suite, j'ai fait une spécialité en trauma à Toronto, qui n'était pas prévue d'ailleurs. J'ai beaucoup aimé la trauma durant ma résidence. C'est une des spécialités que j'aimais. Encore une fois, je pense que j'aime l'adrénaline, j'aime que ça bouge, j'aime un petit peu l'inconnu. C'est un parcours de circonstances qu'il a fait, surtout avec mon conjoint. On voulait trouver un poste au même endroit. Ici, je cherchais quelqu'un pour faire de la trauma, puis c'est comme ça que... J'ai... je m'attendais de retourner en région, là, sincèrement, puis finalement, ça m'intéressait de faire ça. Ça fait que je n'aurais pas fait n'importe quelle sur-spécialité, mais spécifiquement la trauma, c'est facile pour moi. Oui, c'est ça, ça m'intéressait. Ça fait que je suis allée faire ça à Toronto. Ça fait que j'en ai eu pour mon argent, comme on peut dire. Mais je visais pas non plus de... rester en plein centre-ville de Toronto ou rester en plein centre-ville de Chicago, c'est quand même, c'est des fellow demandants, puis je visais plus une vie de famille aussi que je voulais avoir. [00:03:39] Speaker B: Avec ça. – OK. Puis, Sherbrooke, c'est comme, en fait, un peu un entre-deux entre la région puis comme un gros centre comme. [00:03:47] Speaker C: Toronto. [00:03:47] Speaker B: Vous diriez? – Oui. – OK. Puis, le volume, tu sais, de Sherbrooke comparé à Toronto, en trauma, là, c'est comment, là? Tu. [00:03:57] Speaker C: Sais, c'est une grosse différence. [00:03:58] Speaker B: –. [00:03:58] Speaker C: Bien oui, c'est pas comparable. – OK. C'est sûr que c'est tout un autre monde. La source spécialité en trauma, c'est des gangs de rue, c'est des gens itinérants, VIH, hépatites, beaucoup de traumas pénétrants dans les centres-villes aussi, coups de couteau, traumas par balles, qu'on ne retrouve pas nécessairement ici. Je dis souvent à mes résidents qu'on a des accidents de tracteurs. On habite un peu plus en campagne. On a des accidents de chevreuil, les orignaux, tu sais, ça frappe fort quand même. Là, on peut quand même avoir des bons traumas ici. Mais c'est des clientèles différentes, je dirais. Puis en termes de débit, c'est sûr que quand on va faire une source spécialité, on va être exposé au maximum. [00:04:41] Speaker B: Fait que c'est sûr que… – Il faut. [00:04:43] Speaker C: Aller chercher le débit. – Ben oui, c'est ça. Tu peux revenir ici. pas anxieux et pas prêt à tout. Tu veux revenir ici avec un bagage que tu dis ok, j'en ai assez vu pour connaître les grands. [00:04:54] Speaker B: Principes et être capable. [00:04:56] Speaker A: De me débrouiller quand ça ne va pas bien. C'est un parcours super intéressant que vous avez. Est-ce qu'il y a des étapes. [00:05:03] Speaker C: Ou des moments que vous avez trouvé plus difficiles? Bien, ce n'est pas facile. On va se le dire, c'est beaucoup d'heures. C'est physiquement demandant. C'est beaucoup de soirs, de fin de semaine, de nuit. Ce que je n'arrête pas de dire à mes résidentes, c'est que si on pense de faire une résidence en chirurgie et qu'on se dit « Ok, je vais donner mon 100 pendant 5 ans et après. [00:05:25] Speaker B: Ça, je vais. [00:05:26] Speaker C: Être correcte », bien, ce n'est pas vrai. Ça continue après. Oui. C'est sûr que ce n'est pas facile, mais quand on aime ce qu'on fait, les heures passent hyper rapidement. Moi, je rentre dans un cas, tu rentres dans un autre monde au bloc opératoire. Mais c'est sûr que ce n'est pas facile. Tu jumelles ça avec une vie de famille aussi. Oui, j'oublie le temps. En même temps, j'ai deux jeunes enfants à la maison, t'as les fêtes d'amis, t'as les fêtes des enfants, les cadeaux de Noël, les lutins, t'sais. En même temps que toute ta pratique à l'hôpital. Fait que c'est sûr que, je cherche encore mon équilibre, t'sais. Je pense que je vais toujours la chercher. Mais je pense que c'est d'être super bien organisé, d'avoir des agendas, d'avoir des listes, d'y aller par priorité. [00:06:14] Speaker B: Puis on fait notre possible au travail comme à la maison. Puis est-ce que vous avez l'impression que le trauma, c'est comme une des sur-spécialités qui. [00:06:23] Speaker C: Est la plus demandante dans la chirurgie générale ou pas particulièrement? Je pense que tout fellow, quand tu vas chercher une expertise de plus, je pense que les gens travaillent fort, principalement pour ce qui est des domaines chirurgicaux. Je ne peux pas parler pour médecine interne et tout. Je sais qu'il y a des fellows qui ont des meilleures qualités de vie. Je pense aux gens, par exemple, qui font de l'onco. C'est sûr que l'onco, c'est plus sur les heures ouvrables, de 8 à 4, qu'on fait des coélectifs. C'est sûr que là, la trauma, c'est sûr que tu te compliques un peu la vie. Moi, j'arrête pas de dire, c'est un fellow de nuit un petit peu que j'ai fait. Le jour, il ne se passe pas tant de choses que ça, mais du jeudi soir au dimanche, ben oui, c'est sûr, l'action, c'est là que ça se passe. J'arrête pas de dire aussi, à partir de minuit, il n'y a rien de bon qui se passe. C'est sûr, les gens sont... Ils prennent l'alcool, ils prennent le volant, ils textent au volant. Il y a tout ça aussi. C'est sûr que le trauma n'est pas une spécialité de. [00:07:30] Speaker B: Jour, de 8 à 4 du lundi au vendredi. C'est ça. – Sinon, est-ce que vous avez quand. [00:07:37] Speaker C: Même des chirurgies électives, pas de trauma de chirurgie générale Ah, beaucoup. À Sherbrooke, c'est ce que j'aime aussi. Je me laisse avec la pratique de chirurgie générale, ce qui vient rejoindre un petit peu mon côté de région. Oui, je fais encore du cancer du côlon. Je fais aussi souvent des hernies. Toutes les bonnes reconstructions de parois, des grosses hernies complexes, c'est des choses qui m'intéressent aussi. Puis c'était un peu dans mon mandat aussi quand on m'a engagée ici. Je. [00:08:09] Speaker B: Continue. [00:08:09] Speaker A: De faire ça aussi. Oui, j'ai définitivement une pratique électrique. OK. Intéressant. Puis, vous nous avez parlé un peu du changement qu'il y a eu entre le passé de votre fellow à Toronto puis le fait de venir vous établir à Sherbrooke. Comment ça s'est passé, votre début de carrière? Est-ce qu'il y a eu des. [00:08:26] Speaker C: Défis auxquels vous avez été confrontés que vous n'auriez pas nécessairement anticipé? Je pense que j'étais prête, là. C'est sûr que quand tu deviens résidente senior, tu sais, quatrième année, cinquième année, je me souviens encore, tu sais, je me mettais beaucoup dans la peau du chirurgien, tu sais, où quand j'opérais, je faisais comme si c'était mes patients, tu sais. Le suivi à l'étage des mes patients. Fait que quand j'ai tombé patron, je disais toujours, bien, il y a sûrement quelqu'un à quelque part qui me regarde aller, là, tu sais. Il y a sûrement quelqu'un qui me surveille à quelque part. Fait que c'est comme... On dirait que ça a été naturel pour moi, ça. Par contre, les défis, je dirais... de gérer les complications. Ça fait que c'est quand même... ça peut être quand même difficile. On prend ça personnel au début. C'est sûr, au fil des années, on se forge un peu une carapace. La même chose entre moi. Tu sais, il faut rester, je pense, un peu froid. Tu sais, il faut pas trop mettre de sentiments là-dedans. Dire, est-ce que j'ai fait tout mon possible? Est-ce que j'aurais pu faire mieux? Y a-t-il quelque chose que j'aurais pu changer au bloc? Non. Parfait, c'est correct, je vais l'assumer. Mais au début, c'est difficile, t'sais. T'as un patient, je sais pas moi, il saigne pis il meurt, ou il saigne, t'es obligé de le ramener, il va pas bien. C'est difficile à prendre. Les familles sont fâchées, t'sais. Fait que de gérer un petit peu ces familles-là aussi, pis... Je dis à mes résidents, tu sais, il y a beau avoir 40 personnes dans la salle d'opération, le patient, lui, il sait que c'est le docteur Marchand qui l'a peur. Ça peut être gratifiant comme ça peut être stressant aussi, tu sais. Ça peut être gratifiant quand ça va bien, mais définitivement, là, tu sais, tous les chirurgiens ont des complications. Plus t'as peur, plus t'as de complications. C'est comme ça que ça fonctionne, là, tu sais. Fait qu'il faut être capable de gérer ça. Puis j'en connais des gens que j'ai côtoyés dans ma vie. [00:10:20] Speaker B: Qui avaient beaucoup de difficultés avec cette pression-là, de gérer le stress-là. – Comme vous dites, c'était plus difficile au début. Est-ce qu'il y avait des trucs qui vous aidaient? Est-ce que c'était d'en parler à la maison avec votre conjoint ou vraiment d'essayer de laisser ça. [00:10:37] Speaker C: À l'hôpital, d'en parler avec vos collègues? Y a-t-il des choses qui aident? C'est une bonne question. Définitivement, mon conjoint m'aide beaucoup parce qu'il est en médecine aussi. Et on voit la vie complètement différemment, je pense. Moi, j'ai tendance à prendre ça beaucoup personnel. Lui, comme non, ça fait partie de ça. C'était un cas complexe. Il avait expliqué les complications. Ça fait partie du... Je pense que c'est plus mes chirurgies électives que je suis comme ça, tandis que mes traumas, ils ont fait un trauma. Tu ne peux pas le rendre pire, tu vas juste l'améliorer. Tandis que les patients, les chirurgies électives, je trouve que la mentalité est différente. Les gens arrivent de la maison avec leur petite valise à 8h le matin, ils s'attendent à leur sortie de l'hôpital. Je parle comme si j'ai perdu des centaines de patients, mais... Rassurez-vous, c'est rare qu'on parle des patients en salle d'oeuvre, puis après aussi. Mais il y a beaucoup de patients qui sont âgés, malades, qui disent « Laissez-moi tranquille ». Il y en a de ça, puis il faut respecter ça aussi. Mais là, je ne veux juste pas qu'on pense que… J'ai des milliers de décès derrière moi. Mais oui, je pense d'en parler. Moi, c'est sûr que ça m'aide d'en parler avec mon conjoint. Par contre, il ne faut pas ramener ça toujours à la maison à chaque soir non plus. Ça, ça rend la vie de couple, la vie de famille plus difficile. Je suis allée quand même, oui, en jaser un petit peu avec un psychologue comme Résende Senghor, c'est l'anxiété de performance, examens oraux. Je suis allée en jaser et puis juste en jaser, ça faisait du bien. Ils te fassent réaliser, mais pourquoi tu vois les chirurgiens-là, pis toi tu te vois... Pis. [00:12:21] Speaker B: Là tu réalises, ben ouais, pourquoi, pourquoi? Fait que c'est ça, ça donne la confiance. Ouais, ouais, c'est intéressant. Par rapport à ce que vous disiez, là, que c'était difficile entre moi aussi de gérer les familles, Ça, bien, j'imagine. [00:12:36] Speaker C: Que c'était plus difficile au début, puis avec le temps aussi, c'est devenu plus facile. Ah bien, c'est clair. C'est un art, là. C'est un art de discuter avec les familles. C'est un art d'annoncer un décès à ces familles-là. C'est un art de, tu sais ça, peut-être un leader, de debriefer. [00:12:52] Speaker B: Avec ton équipe. C'est pas toutes des choses qui viennent naturellement, ça vient avec l'expérience. Puis avez-vous déjà eu. [00:13:01] Speaker C: Des réactions, vraiment, comme la famille était fâchée contre vous ou des choses comme ça? Pas nécessairement, mais tu sais, moi, il y a déjà une chirurgienne qui m'a dit, tu sais, quand ça complique, là, l'important, c'est d'être présent. Fait que tu sais, des fois, tu dis, ah, j'ai pas envie d'y aller aujourd'hui, tu sais, ça me tente pas vraiment. Bien, pointe-toi. Tu sais, c'est vraiment ça. C'est soit là, soit à l'écoute, répondre aux questions, peu importe là qu'est-ce qui vient de se passer. Je pense que c'est soit présent. Je pense que ça sert à rien d'essayer de se cacher ou de transférer un patient à un autre chirurgien. Je pense que c'est d'être là pour les patients. Ça, j'ai appris ça aussi avec les années. C'est vraiment... Les patients me disent souvent, on te fait confiance. Fait qu'avoir une bonne relation avec tes patients, avoir une bonne relation avec la famille, déjà en partant, avant même que. [00:13:58] Speaker B: La chirurgie se passe, déjà ça va mieux aller. Peu importe. [00:14:02] Speaker C: Ce qui se passe. Les familles, c'est sûr qu'ils sont compréhensifs, puis ils comprennent que... Mais c'est sûr que la trauma, les décès de trauma, annoncer ça à des gens... J'en ai eu des ados de. [00:14:16] Speaker B: 16 ans, 20 ans, trauma. [00:14:18] Speaker C: Pénétrant, bang, il est mort. C'est un. [00:14:22] Speaker B: Peu plus difficile. Plus difficile au début aussi. Quand. [00:14:27] Speaker C: J'Ai fait ma source spécialité, oui. Tu étais les premiers, ça devait être particulièrement difficile. Oui, parce que je n'ai jamais été vraiment confrontée à ça. Je me souviens, après j'étais vidée pour des journées, je n'avais plus d'énergie. J'allais courir aussi, j'étais là, ça ne sera pas de mon sang. C'était des jeunes, puis bang, ils mordent. Ma star, je prends ça un peu moins personnel. Comme j'ai dit tantôt, j'essaie de voir qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus, moi. Il y avait tel ou tel blessure, j'aurais-tu pu faire ça? Change autrement. Le bloc, ça n'a pas marché. Vos suctions, elles ne marchaient pas. Ça ne marchait pas, telle, telle affaire. Il faut qu'on corrige ça. Mais si tout a bien été, ben, pis il est mort quand même, j'ai fait tout ce que j'ai pu. Fait que c'est comme ça que je le prends. Après, tu sais, je vais débriefer avec mon équipe, mais je commencerais pas à vouloir savoir si sa femme était enceinte, il y avait un jeune enfant, parce que là c'est ça aussi, tu te mets dans tout le sentimental, tu arrives chez vous en dépression. Fait que j'essaie de pas, de vraiment faire une coupure, de pas tout comprendre cette histoire-là, même parfois les gens disent, Lui, il est l'ami de l'autre. Non, non, je ne veux pas savoir. Est-ce que j'ai fait tout ce qu'il fallait faire? Est-ce qu'il y a eu des délais? Est-ce qu'il y a eu des problèmes de communication, problèmes de leadership? Parfait, on va travailler là-dessus, mais sinon, je ne veux pas savoir le sentimental de la chose. Mais ça, c'est ma carapace que je me. [00:15:56] Speaker B: Suis faite avec les années. Ça ne vient pas non plus d'une journée à l'autre. C'est sûr. [00:16:01] Speaker C: Ce n'est pas naturel, mais avec le temps, ça se construit. Les gens aiment ça. Les gens aiment la troumeuille, les gens aiment savoir l'histoire, qu'est-ce qui s'est passé. C'est sûr que tout le monde disait, ça m'intéresse. Moi, comme chirurgienne, ce n'est pas nécessairement ça que je vise. C'est vraiment de comment on peut s'améliorer comme équipe pour être. [00:16:25] Speaker B: Meilleure la prochaine fois. Il y a-tu. [00:16:27] Speaker A: Des choses qu'on peut faire, qu'on peut changer? Ça a vraiment beaucoup de sens, oui. Donc là, on va changer un petit peu de sujet. On aimerait ça parler un peu de la place de la femme en chirurgie. Est-ce que vous, au fil des années, vous avez ressenti certains stéréotypes dans. [00:16:41] Speaker C: Un contexte chirurgical ou médical en tant que chirurgienne ou même en tant que résidente? Pas beaucoup à Sherbrooke, je vous dirais. Pas à Sherbrooke, pas beaucoup au Québec non plus. Je dirais, il y a beaucoup de femmes en chirurgie. Beaucoup de femmes, beaucoup de femmes de carrière qui ont des familles aussi. Beaucoup de modèles de rôle. Ça, je ne l'ai pas beaucoup senti. Par contre, tu sais, tout ce qui est conférences, congrès de traumatos pour dire quelque chose aux États-Unis ou encore ma surspécialité au Canada anglais, bien définitivement c'est plus un milieu d'hommes. Surtout la traumato, c'est beaucoup un milieu d'hommes un peu misogyne. Donc, il faut faire sa place. On passe souvent pour l'externe, l'infirmière, la préposée. Mais c'est correct, ça j'ai appris. Un moment donné, on sait ce qu'on veut, on développe de la confiance aussi, ça fait que c'est correct. Mais au départ, quand je suis arrivée à Toronto, oui, je l'ai sentie définitivement. Jusqu'à temps qu'il me voit opérer. Puis là, il dit, ah, OK, elle est capable d'opérer. Oui, oui, je serais bien capable d'opérer. J'ai fait ma place, tu sais, mais j'étais clairement une des filles de la gang de gars-là, dans ma spécialité. Ici, je le sens pas du tout, là, puis je pense pas que vous allez le sentir non plus en stage, là. Beaucoup de femmes chirurgiennes, puis probablement ça va changer aussi au fil des années, là, tu sais, les gens un peu mysiogynes, tout ça, c'est des gens quand même... plus âgées, j'ose espérer, tous les mouvements de Me Too dénoncés pour accepter l'intimidation, tout ça qu'on a vu dans les dernières années, je pense qu'il y a moins de. [00:18:24] Speaker B: Place aux commentaires dégradants. Je pense qu'il. [00:18:28] Speaker C: Y a. [00:18:28] Speaker B: Beaucoup moins de place pour ça. On s'en va sur la bonne voie. J'espère, j'espère. Tant mieux. [00:18:35] Speaker C: Donc ce serait quoi le plus grand défi selon vous pour les femmes en chirurgie? Je pense que ce serait de jumeler la vie de famille avec le travail. Donc moi, en tout cas, je cherche mon équilibre beaucoup. Tu sais, quand on rentre dans une résidence de chirurgie, tout notre temps est consacré à notre résidence. Tu sais, on n'a pas d'enfants, on est comme « go », on fait une résidence en chirurgie. Mais c'est sûr qu'on a d'autres buts. Éventuellement, quand on vieillit, on se dit, bon, bien, j'aimerais avoir des enfants. Puis tu veux les voir grandir aussi tes enfants. Tu ne vas pas les laisser non plus à la garderie jusqu'à 6 heures. Ça fait que c'est vraiment ça pour moi, en tout cas, mon défi d'essayer de jumeler, d'être à la fois présente à la maison comme présente pour mes patients aussi. Puis tu sais, je suis bien d'accord qu'il y a bien des conjoints qui font des tâches, mais il reste que la charge mentale pour la femme est quand même là, tu sais. Les habits d'hiver, les meetings, les habits de printemps, le début de l'école, le. [00:19:46] Speaker B: Matériel scolaire, les. [00:19:47] Speaker C: Fêtes d'enfants, les cours de patins, les cours de natation. Fait que tu sais... – C'est beaucoup, vraiment. – Oui, puis tu sais, je n'ai pas quatre enfants là, mais c'est ça. Moi, je n'avais pas pensé à ça quand j'étais plus jeune. Je pense que c'est du passé. Qu'est-ce qu'on vise? On réussit à le faire. Je ne dis pas que ce n'est pas faisable, mais c'est quand même une bonne organisation, surtout les deux, on est dans des spécialités les deux. On a un horaire à la maison assez chargé et on s'alterne. Puis c'est ça, on n'a pas de famille non plus dans le coin, là. Fait que les deux, on vient du Nouveau-Brunswick. Il n'y a pas de famille pour dire, « Hey, maman, peux-tu garder mes enfants? » Fait qu'on s'alterne vraiment, là. On n'a pas le choix d'être une équipe. Mais au moins, on se comprend. Quand je dis, « Bien là, ça va pas bien, je suis au bloc. » Il va très bien comprendre. C'est pas « Ah, ben là, t'es pas là. [00:20:45] Speaker B: À sortir ». Il n'y en a pas de. [00:20:46] Speaker C: Ça chez nous. C'est définitif. Et même chose pour lui. Au. [00:20:51] Speaker B: Moins, on se. [00:20:52] Speaker A: Comprend là-dedans. – Oui. C'est un peu une équipe forte au moins. – Mais je pense après. [00:20:56] Speaker C: Ça, le défi d'une femme en chirurgie. – OK. Super intéressant. puis on se demandait, une petite question de la fin je pense, c'est quoi votre chirurgie préférée? Comme j'ai dit tantôt, je suis quand même une fille de défi, là. J'ai toujours aimé un petit peu le stress, là. Puis même le fellow, je disais un petit peu que c'était un peu comme une drogue, là. C'est vrai, c'est un petit rush d'adrénaline quand même. Je n'ai jamais fait de drogue, là. Je n'ai clairement jamais fait de drogue, mais je me dis, c'est un petit rush d'adrénaline. Quand on me dit, il y a trois patients qui ne vont pas bien, non, non, non, moi, je suis comme, OK. L'action commence. Ça fait que je suis un peu de même, je suis un peu bizarre, là. Mais ma chirurgie favorite, je pense, tout simplement une bédaine remplie de sang que je ne sais pas ce que je vais trouver. Fait qu'il y a un patient qui ne va pas bien, on ne. [00:21:49] Speaker A: Peut pas mettre dans le scan, on. [00:21:50] Speaker B: Ne sait pas trop, mais il faut ouvrir et voir. Moi, j'aime ça. [00:21:54] Speaker C: Une chirurgie qui n'est pas trop planifiée, mettons. Les cognes, c'est ça qui vous allume. Ça tombe bien, vous avez fait le bon fellow pour ça, je pense. Bien oui, comme je vous ai dit en tout, c'est un petit peu une drogue. À Toronto, des fois, on m'appelait et on me disait « go Mylène, on rentre là ». Fait que là, je rentrais à 2h du matin, ok, bédame pleine de sang, on règle le problème, il est 4h, ok, va te coucher. Fait que c'est un peu difficile. Des fois, par la coupure, au début, j'étais comme « je ne suis plus. [00:22:23] Speaker B: Capable de dormir. [00:22:23] Speaker A: C'Est impossible ». Mais à la fin, j'étais capable de dire « ok, là, c'est 100 %, je suis allumée, bang. [00:22:30] Speaker C: Après ça, faut que je dorme ». Donc, on s'en s'apprend. Wow! Vraiment cool. Puis, si vous aviez justement un conseil à donner aux étudiants et étudiantes qui s'orienteraient vers la chirurgie, ce serait quoi? Il faut être passionné. Il faut avoir fait, je pense, le tour un petit peu des stages pour être vraiment sûr de son choix avant de prendre une décision. Fait qu'être certain qu'il n'y a rien d'autre, mettons, qui intéresse. Puis ensuite de ça, comme j'ai dit tantôt, je pense, c'est de dire, OK, bien, c'est ça qui m'intéresse, la chirurgie. C'est juste d'être réaliste que ça ne finit pas après cinq ans. Si on s'embarque là-dedans, c'est une grosse job quand même, une grosse responsabilité. Je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'erreur, dans le sens que tu ne peux pas enlever le mauvais morceau et dire « Oups, je me suis trompée ». C'est pour ça qu'on devient chirurgien. Je veux dire, il faut quand. [00:23:35] Speaker B: Même être allumé. Fait que je pense que c'est de bien y réfléchir. Tout est faisable dans la vie, mais si c'est ça. [00:23:44] Speaker C: Qui. [00:23:44] Speaker B: Vous passionne 100%, allez-y. Je veux dire, c'est une belle spécialité, c'est sûr. Bien, c'est ce qui met. [00:23:52] Speaker A: Fin à l'épisode déjà. Donc, merci encore vraiment d'avoir pris le temps de venir. C'était vraiment super intéressant. Merci. Puis, je pense que ça va.

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